Une royale promenade diplomatique

L’Ambassade

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C’est jour de fête aujourd’hui. La ville, le quartier, la rue accueillent la délégation officielle du Royaume de Polystirènie avec à sa tête – ce qui n’est pas un mince honneur – son altesse sérénissime Hortensia XXI. Accompagnée d’un aréopage de personnalités officielles et par son orchestre royal elle vient célébrer le très officiel rapprochement entre les deux territoires, faisant fi des méfiances et des préjugés…
Alors aujourd’hui, on célébrera l’arrivée des illustres voyageurs venus de loin, et pour l’occasion une visite s’impose… Une petite promenade pour découvrir les surprenantes coutumes de ce peuple si attachant, mais aussi de redécouvrir notre quotidien, grâce au regard décalé de ces lointains et sympathiques visiteurs.

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Ambassade 2017 - Douchynoiseries à Douchy-les-Mines - © Christian Vedelman (32)

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Création 2017

Théâtre de rue itinérant, spectacle tout public.

en collaboration avec la Cie La Vache bleue

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En vidéo : teaser tourné en 2017 aux Journée du Patrimoine à Wambrechies et Villeneuve d’Ascq

 

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Ambassade 2017 - Douchynoiseries à Douchy-les-Mines - © Joël Livet (34)

Note d’intention

L’Ambassade est un spectacle qui nous emmène en voyage. Un voyage où le local devient lieu d’aventure et de découverte, où l’exotisme est au coin de la rue, où le détail anodin se pare des couleurs de l’inattendu et de l’insolite. C’est un spectacle pour redécouvrir la poésie du quotidien.
C’est un spectacle en guise de rencontre… Le regard de l’autre, candide et décalé, ignorant de nos pratiques, souligne nos incongruités et redonne du sens à nos habitudes.
C’est aussi un spectacle pour se retrouver. Pour s’émerveiller de notre quotidien et pour ré-inventer d’ancestrales traditions, d’anciennes célébrations en s’initiant aux rites festifs venus de la lointaine Polystirènie (Française)… C’est un spectacle donc les spectateurs deviennent les complices actifs.

 

 

Un déroulé

L’Ambassade est un spectacle déambulatoire, entre fanfare de rue et visite guidée décalée. Huit comédiens et musiciens emmènent le public pour une redécouverte du site.
Ce cortège burlesque et festif part pour une promenade déroutante. Et les lieux traversés changent de fonction. Tel lieu devient piste de danse. Tel autre lieu un mémorial. Et tous les espaces visités prennent un sens nouveau… Il s’agit avec ce spectacle de ré-interpréter les signes du quotidien dans l’espace public en s’employant à magnifier le réel avec une lecture décalée, malicieuse et sensible.
L’Ambassade est donc un spectacle en mouvement qui, même s’il dispose d’une trame commune à chaque représentation, se ré-invente à chaque fois en s’inspirant du lieu visité pour en donner une lecture nouvelle.

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Ambassade 2017 - Douchynoiseries à Douchy-les-Mines - © Joël Livet (21)À l’origine de l’Ambassade…

Il y a deux compagnies qui explorent chacune à leur façon la rue et l’espace public et qui ont inauguré il y a sept ans une collaboration singulière, imaginé des aventures communes au travers de différents spectacles et temps forts.
La Roulotte Ruche invente des formes qui mettent l’accent sur la proximité avec le public : des spectacles de théâtre de rue en musique et en chanson et des fanfares joyeuses et festives.
La Vache bleue crée pour la rue des spectacles qui s’appuient sur une grande interaction et une relation intime avec le public. Les « parcours contés et visites singulières », spectacle phare de la compagnie créé il y a dix-huit ans, revisitent l’espace public de manière décalée.

L’Ambassade se nourrit de ces deux univers… pour s’étonner du quotidien et créer un moment festif inattendu

 

 

Conditions techniques :

L’Ambassade est un spectacle écrit pour la rue. Il se joue en déambulation dans l’espace public sous forme de parcours à stations.

Durée : 1 heure (2 représentations possible par jour)
Jauge : 150 personnes
Préparation : un repérage effectué par 2 comédiens sur 2 journées est nécessaire pour est nécessaire pour préparer le parcours et adapter l’histoire en fonction de l’endroit concerné.

Distribution :

Nicolas Madrecki : Jean-Eric Lerouche, éminent spécialiste des territoires hypothétiques d’outre-mer
Jean-Christophe Viseux : Hervé Leroy, membre du personnel municipal chargé de l’accueil de la délégation
Fanny Duroisin : La Reine Hortensia (chant)
Loran Casalta : L’Ambassadore (saxophone baryton)
Guillaume Leclercq : Le Commodore (tambour)

Et l’Orchestre Royal de Polystirènie, avec en alternance

Axel Brame : saxophone ténor
Maké Knockaert : trompette
Damien Lourme : saxophone alto
Hoel Rouvillois : trombone

Écriture et mise en scène : Jean-Christophe Viseux
Construction et décors : Amaury Roussel
Costumes : Vaïssa Favereau & Gabrielle Marongiu

Production : La Roulotte Ruche & La Vache bleue
Coproduction : La Ville de Douchy-les-Mines, la Ville d’Hellemmes et Droit de Cité

Accueil en résidence : La Makina à Hellemmes et L’Imaginaire à Douchy-les-Mines
Aide à la Création : Le Conseil Départemental du Pas-de-Calais et La Ville de Lille

 

 

Histoire Polystirènie 1

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A propos de lphoto officielle reine de polystirénieOKa Polystirènie…

C’est en 1926 que deux explorateurs français, Eugène Poly et François Stirène, découvrent par inadvertance en plein océan Pacifique une île minuscule (2 km de diamètre) qui n’a été répertoriée sur aucune carte. Et ceci pour une bonne raison : entièrement constituée d’une pierre volcanique extrêmement légère, cette île n’a aucune attache et dérive au gré des courants marins…
La découverte est d’importance, d’autant plus que l’île est habitée par une peuplade sympathique et bon enfant qui accueille à bras ouverts les deux explorateurs qui s’empressent de prendre possession de l’île au nom de l’État Français et de lui donner un nom : La Polystirènie (Française)…
Après un bref séjour sur l’île, qu’ils mettront à profit pour enseigner aux autochtones les rudiments de la langue française, nos deux explorateurs reprennent le large pour rejoindre leur mère patrie afin de faire connaître aux autorités françaises leur sensationnelle découverte.
Malheureusement, lorsque quelques mois plus tard, ils appareillent pour la Polystirènie (Française), ils doivent, après plusieurs semaines passées en mer, se rendre à l’évidence…
La Polystirènie (Française) n’est plus à l’endroit où ils l’avaient laissée et ils ne retrouveront jamais plus la trace de cette île flottante, ce paradis perdu parti dériver vers d’autres horizons.
On ne retrouvera la trace de l’île que bien des années plus tard et de manière épisodique, grâce aux progrès de la cartographie satellitaire moderne.

 

 

 

Autour de L’Ambassade
Une résidence artistique pour préparer les retrouvailles

Si le spectacle narre la première rencontre entre les habitants et la délégation polystirènienne, celle-ci peut être préparée et précédée d’une résidence artistique sur le territoire permettant d’aborder quelques questionnements et problématiques sous-tendus par le spectacle.

Ce projet artistique a pour conclusion « L’Ambassade » mais il a aussi sa propre autonomie et permet de questionner l’identité du territoire donné où se déroule la résidence : Qu’est-ce qui nous rassemble ? Qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? De quoi est constituée notre identité ? Qu’avons-nous à raconter de nous à l’étranger, celui qui ne nous connaît pas ? Quelle image renvoyons-nous de nous-mêmes ? Que mettons-nous en valeur ?

De par son regard décalé et humoristique, la délégation polystirènienne apporte une réponse déformée à ces interrogations. Mais avec la volonté de faire des clins d’œil à la réalité, de montrer du doigt de véritables points de fracture, de souligner ce qui fait le ciment local du « vivre ensemble ».

Cette résidence de territoire est aussi l’occasion de s’interroger sur notre perception de l’étranger, sur ce qui n’est pas « nous » mais ce qui est « autre ». Comment au travers des prismes culturels différents naissent les malentendus et les quiproquos ? Comment l’étranger, en observant les us et coutumes locaux, peut se méprendre sur ceux-ci, et comment, a contrario, nous pouvons méconnaître et analyser à contresens les manières de faire et d’être de « l’autre » ?

En fonction des spécificités des lieux et de l’implication des acteurs locaux, les modalités d’intervention sont différentes et complémentaires.

Quelques pistes d’intervention
Pour ce projet artistique in situ nous nous nourrissons de nos expériences acquises lors de nombreuses résidences de territoires menées précédemment, avec l’intuition que les choses doivent s’écrire avant tout en fonction de la singularité des lieux. Néanmoins nous disposons en réserve de plusieurs pistes d’interventions dont la mise en place du « Polystirama ».

Le Polystirama

Afin de préparer au mieux la venue de la délégation officielle du Royaume de Polystirènie, l’ambassadeur de cet étonnant pays débarque en ville pour découvrir les us et coutumes locaux.
Durant une semaine, cet émissaire de la Polystirènie – mais également l’équipe artistique qui l’accompagne – rencontre des habitants, des associations et se promène pour, à l’issue de la semaine de présence de l’équipe, concocter un « Polystirama », sorte d’audiodiapoconférence – en direct avec la Polystirènie – où le public découvrira à la fois ce curieux pays mais également son propre quotidien et sa ville dont les us et coutumes ont été décortiqués et réinventés pour l’occasion.

Une diapo-conférence décalée…
La conférence met en jeu un professeur universitaire qui nous dévoilera en images la surprenante histoire de l’île de Polystirènie avant de découvrir comment à sa façon, l’Ambassadeur, photographies à l’appui a ré- interprété nos propres us et coutumes…

Qui se nourrit d’une résidence artistique in situ
Mais la conférence est aussi et surtout le prétexte à la résidence artistique qui se déploie en amont sur le territoire. Deux artistes de la compagnie viennent brosser un portrait drôle et sensible du territoire, de ses acteurs, de ses habitants. Ils enchaînent les rencontres, multiplient les visites, avec parfois la présence de l’ambassadeur de Polystirènie en personne, et des questionnements qui guident leur recherche : Qu’est ce qui constitue notre identité ? Que voulons-nous montrer de nous à l’autre, à l’étranger ? Rencontres, ateliers, séances photos en ville et dans les environs, errances, promenades avec les habitants, débats, autant de choses possibles qui se construisent sur place et en une semaine. Avec comme point d’orgue de cette présence artistique, la séance du Polystirama, à laquelle sont notamment invités tous ceux qui auront été rencontrés durant la semaine…

Présenté en amont L’Ambassade, Le Polystirama prépare les habitants à la représentation à venir du spectacle, mais il est aussi l’occasion d’un portrait sensible d’un lieu donné, d’un quartier, d’une ville, une autre manière de revisiter le quotidien, entre le vrai et le faux, la réalité et le décalé, avec tendresse et drôlerie…

D’autres formes de résidences artistiques de territoires, s’appuyant sur les compétences et particularités des deux compagnies, sont envisageable, comme par exemple :

La Jacasserie. Sympathique tradition de la cour de Polystirènie, la jacasserie est un tour de chant qui narre les petits potins locaux. Des émissaires de l’Orchestre Royal de Polystirènie viennent sur place afin de recenser la matière qui donnera naissance à un tour de chant sur mesure pour raconter les petites histoires du territoire.

L’Encyclopédie. Initiée par Eugène Poly et François Stirène, les deux découvreurs de l’île, cette encyclopédie avait pour but de familiariser les habitants de la métropole française avec les caractéristiques psychologiques, environnementales, historiques et psychotopologiques de la civilisation polystirènienne. Elle est malheureusement loin d’être achevée. Avec l’aide de groupes d’habitants, de collégiens ou d’élèves du territoire, Jean-Eric Lerouche mène un travail visant à l’enrichir de nouveaux articles, d’informations inédites, en lien et en cohérence avec les éléments déjà existants.

Le Grand Cabinet. Conçu au cours de rencontres avec des habitants du territoire, ce cabinet de curiosités se propose de mettre en valeur les étonnantes analogies existantes entre les deux civilisations. Il s’agit d’un condensé de petits univers artistiques qui se visite comme un musée.

 

Extraits de la Petite histoire illustrée de la Polystirènie (Archives royales de Polystirènie) :

Histoire Polystirènie 2Histoire Polystirènie 4Histoire Polystirènie 5

Histoire Polystirènie 6Histoire Polystirènie 7Histoire Polystirènie 8